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Stand-Up Story avec Violaine de Pins SPEED RADIO
Et si Hamlet n’était plus un prince danois, mais un garçon de 19 ans enfermé dans sa chambre ?
Avec HAMLET, #la fin d’une enfance, Christophe Luthringer et Ned Grujic proposent une relecture radicale, intime et bouleversante du chef-d’œuvre de Shakespeare, présentée jusqu’au 29 mars au Théâtre du Lucernaire.
Ici, Hamlet devient Hamm. Dix-neuf ans. Un père mort il y a deux mois. Une mère qui, trop vite, a refait sa vie. Le monde extérieur n’existe plus. Hamm ne sort plus. Il s’enferme. Et dans cet enfermement, il crée.
Sa chambre devient un royaume.
Son lit, un trône instable.
Son punching-ball, une colère muette.
Ses figurines et marionnettes, les fantômes de ses pensées.
Dans une mise en scène immersive, Hamm transforme son espace intime en véritable plateau de théâtre. Il y monte Hamlet, seul, comme un acte de survie. Le théâtre devient alors un outil de résilience, un refuge face au deuil, à la trahison ressentie, à la perte brutale de l’enfance.
Ce Hamlet-là parle directement à notre époque.
À une jeunesse en manque de repères, confrontée trop tôt à la violence du réel, aux silences des adultes, à l’impossibilité de faire son deuil. La frontière entre fiction et réalité se brouille sans cesse. Le texte de Shakespeare surgit, se fracasse contre l’intime, puis se réinvente.
La musique est omniprésente The Cure, Pink Floyd, Nick Cave, Mozart et accompagne les tempêtes intérieures du personnage. Elle n’illustre pas : elle dialogue avec lui. Le spectacle devient à la fois théâtral et musical, brut et poétique, viscéral et profondément humain.
Sur scène, Victor Duez livre une interprétation d’une intensité rare. Il porte seul ce Hamlet fragmenté, oscillant entre rage, fragilité, ironie et désespoir. Sa présence est magnétique. On ne regarde pas Hamm : on est enfermé avec lui.
La voix de la mère (Gwenda Guthwasser), les apparitions vidéo (Julia Beauquesne et Grégoire Roqueplo) et la scénographie imaginée par Christophe Luthringer et David Teysseyre enrichissent cet univers mental, renforçant la sensation d’un théâtre vécu de l’intérieur, presque à bout de souffle.
HAMLET, #la fin d’une enfance n’est pas une simple adaptation.
C’est une réappropriation, une déclaration d’amour au théâtre comme espace de reconstruction, un cri adolescent qui résonne bien au-delà de la scène.
Un spectacle fort, intense, nécessaire, qui parle de deuil, de colère, de transmission, mais surtout de ce moment précis où l’on cesse d’être un enfant parfois sans y être prêt.
👉 À voir absolument
Jusqu’au 29 mars
Théâtre du Lucernaire – Paris
Du mercredi au samedi à 19h, dimanche à 15h30

Écrit par: SPEED