CULTURE

Gisèle Pelicot publie Et la joie de vivre et livre son récit de l’affaire des viols de Mazan

today19 février 2026

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Le 17 février paraît Et la joie de vivre. Dans ce livre, Gisèle Pelicot livre son récit de l’affaire des viols de Mazan. Pour la première fois, elle raconte elle-même l’histoire qui a bouleversé sa vie. Son témoignage retrace le choc, la trahison de son mari et le long chemin vers la reconstruction.

Aujourd’hui, Gisèle Pelicot incarne un symbole mondial dans la lutte contre les violences sexuelles et la soumission chimique. Avec ce livre, elle transforme son traumatisme en parole publique et en message d’espoir.

Un appel qui fait basculer une vie

Tout commence par un moment ordinaire. Gisèle Pelicot assiste à un match de tennis de sa petite-fille. Dans les gradins, elle remarque un appel manqué. Au téléphone, un policier évoque son mari Dominique. La conversation prend vite une tournure inquiétante.

La vérité apparaît alors avec brutalité. Pendant des années, son mari l’a droguée à son insu. Il l’a ensuite violée et livrée à des dizaines d’hommes.

Dans son livre, elle écrit une phrase qui marque le point de rupture.
« Le policier a lâché un chiffre. Cinquante-trois hommes seraient venus chez nous pour me violer. »

Ce moment sépare sa vie en deux. Avant. Et après.

Dans Et la joie de vivre, écrit avec la journaliste et romancière Judith Perrignon, Gisèle Pelicot décrit le choc et la sidération. Elle détaille aussi les mécanismes de la soumission chimique, encore mal connus du public.

Un procès historique suivi dans le monde entier

L’affaire des viols de Mazan devient l’un des procès les plus marquants de ces dernières années. Pendant plus de trois mois et demi, les audiences se succèdent.

Au total, 51 hommes sont condamnés.

Gisèle Pelicot prend une décision forte. Elle demande des audiences publiques. Elle veut renverser le regard porté sur les victimes.

Son objectif tient en une phrase devenue célèbre.
La honte doit changer de camp.

Son visage dépasse alors les murs du tribunal d’Avignon. Il devient un symbole relayé dans de nombreux pays.

Le livre s’inscrit dans cette continuité. Et la joie de vivre est traduit dans 22 langues et publié à 150 000 exemplaires.

Pour la sociologue Véronique Le Goaziou, cette affaire a accéléré la prise de conscience autour du consentement et de la soumission chimique. Les débats publics et juridiques ont pris une nouvelle ampleur après ce procès.

Reprendre la parole pour reprendre le contrôle

Avec ce livre, Gisèle Pelicot reprend la maîtrise de son histoire.

« Cette histoire ne m’appartient plus totalement », écrit-elle.

Pendant des années, son mari et ses agresseurs l’ont réduite au silence. Aujourd’hui, elle utilise les mots pour reprendre sa place.

L’idée du livre naît pendant le procès. Plusieurs éditeurs la contactent. Elle accepte d’écrire pour transmettre son expérience et soutenir d’autres victimes.

Sur France Culture, elle explique vouloir porter un message d’espoir.

Dans Et la joie de vivre, elle évoque aussi son enfance. Elle raconte la perte de sa mère et les souvenirs familiaux qui ont marqué sa vie. Elle parle aussi de son mari tel qu’elle le voyait autrefois, avec les surnoms affectueux qu’elle lui donnait. Ces souvenirs rappellent la complexité du lien qui les unissait avant la révélation des crimes.

Depuis le procès, de nombreuses femmes ont reconnu dans cette affaire des situations proches de leur propre vécu. Le témoignage de Gisèle Pelicot participe à libérer la parole.

Mais son livre regarde aussi vers l’avenir. Le titre Et la joie de vivre affirme une volonté claire. Continuer à avancer.

En racontant son histoire, Gisèle Pelicot transforme une tragédie personnelle en acte de résistance. Son témoignage s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus fortes dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Écrit par: SPEED