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Fin, fin et fin : un voyage déjanté au milieu d’une fin du monde

today26 octobre 2026

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Que ferons-nous le dernier jour de notre vie sur Terre ?

 

Cette comédie satirique de Lancelot Cherer, aux deux Molières et grand succès du festival d’Avignon 2025, fait du bien à l’âme. Le pitch est simple : un président cocaïnomane annonce la fin du monde dans un monologue très ironique aux connotations actuelles. Le ton est donné.

Mes chers compatriotes, mes chers amis.

Face à cette fin certaine, trois amis décident de partir pique-niquer à la mer. Ce récit s’entremêle avec l’histoire de Géraldine, contrôleuse RATP qui a choisi sa dernière mission sur Terre : livrer le paquet de son amoureux défunt. Au milieu d’une apocalypse zombie complètement déjantée, nous suivons les histoires de ces personnages en quête de leur « fin » à eux.

Dans cette mise en scène collective, la scénographie est sobre et très pratique. Elle permet aux comédiens une grande inventivité scénique, puisque nous voyons apparaître devant nos yeux de nouveaux espaces figurés seulement grâce à des blocs. Un décor pas trop chargé qui laisse place à un jeu d’une qualité rare.

 

Trois comédiens épatants dans l’absurdité

 

La grande force de cette pièce est le jeu. Malgré un sujet de prime abord déprimant, le texte comprend des touches d’absurdité et légèreté absolument nécessaires. Les changements de registres sont maîtrisés à 100% par les acteurs qui nous transportent d’univers en univers. Dans un rythme effréné, de multiples personnages croisent le chemin de nos protagonistes.

Moi mes parents, la dernière fois que je les ai vus, ils étaient en train de bouffer le voisin dans le salon.

Les trois acteurs jouent en alternance et sont très convaincants. Quel bonheur de voir des gens s’amuser sur scène !

Gary Guénaire est fantastique dans les rôles du président et du zombie, son expressivité faciale est hilarante et il se montre excellent en changement de personnages. Inès Do Nascimento excelle dans le rôle de la leadeuse de groupe dans le déni de la fin du monde. Pour finir le trio, Enzo Monchauzou rajoute une note de sincérité très touchante.

 

3 x fin = amour

 

Tout au long de la pièce, nous nous posons la question : mais pourquoi trois fois fins ? Le titre prend tout son sens quand les personnages se retrouvent dans l’au-delà et règlent leurs conflits non résolus. Une scène absurde mais très drôle où nous prenons conscience de la futilité de nos problèmes.

C’était plus fort que moi, il fallait que je morde des bras.

Fin, fin et fin est un récit profondément ancré dans la climat politique actuel, avec des contrôleurs qui continuent de fliquer et des politiques dépassés par les événements. Des personnages qui se remettent en question, et permettent d’aborder des sujets avec décalage et ironie. Enfin, la scène de nos trois amis réunis pour l’extinction du monde est une grande réussite et nous fait mourir de rire.

Finalement, nous comprenons le message : à la fin, il ne reste que l’amour.

 

Fin, fin et fin est une aventure apocalyptique entrainante portée par trois acteurs remarquables.

 

 

Fin, fin et fin de Lancelot Cherer

Au Théâtre Lepic 

Du mercredi au dimanche à 21h / Le samedi à 17h

Jusqu’au 3 janvier 2027

Avec Eugénie Thieffry ou Inès Do Nascimento,

Baptiste Dupuy ou Enzo Monchauzou ou Tristan Pellegrino,

Lancelot Cherer ou Gary Guénaire

Écrit par: Camille Roumat


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